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La
banque
des mots
Sommaire
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Le trait d'union
dans les termes médicaux
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J.
CHEVALLIER
Professeur de Santé Publique -
Médecin des Hôpitaux,
Membre
du Comité d'Étude des Termes Médicaux
Français
- L'analyse automatique des
textes grâce à l'informatique, le tri des
documents à partir des mots qu'ils contiennent,
donnent un intérêt accru à
l'uniformisation de l'orthographe au stade actuel de son
évolution.
- Des problèmes persistent aujourd'hui,
concernant en particulier l'usage du trait d'union. Il
est conservé ou supprimé par agglutination,
de façon variable, et il y a des divergences entre
les principaux dictionnaires de termes médicaux.
En ce domaine, il n'y a pas eu de tentative
d'harmonisation des dictionnaires.
-
- A. Principe général
-
- La langue s'enrichit en ajoutant au mot simple un
suffixe, ce qui donne un mot dérivé, ou en
le faisant précéder d'un préfixe ce
qui donne un mot composé. Il y a d'autres sortes
de mots composés, soit associant deux termes
entiers, soit associant non des mots mais des racines
d'origine grecque ou latine qui sont unies par une
voyelle de liaison "o" ou plus rarement "i". En
règle générale :
- Pas de trait d'union entre un préfixe ou un
suffixe et le mot.
- Pas de trait d'union après une lettre de
liaison entre deux racines ou entre une racine et un mot.
- Toujours un trait d'union entre deux termes entiers.
- Toujours un trait d'union lorsque l'un des deux
termes est un nom propre.
- Bien que la tendance générale aille
vers la suppression des traits d'union dans la langue
française, il y a de nombreux cas où il
faut le maintenir et il n'y a pas d'accord unanime.
-
- B. Consensus et cas litigieux
-
- Les cas litigieux concernent presque toujours la
juxtaposition de deux voyelles et la tentation de les
séparer par un trait d'union.
- En ce qui concerne la suppression des traits d'union
après les préfixes il y a peu de
désaccord. On trouve encore écrit
"pré-excitation, ré-entrée" mais ce
n'est pas logique puisque l'on admet en langage courant
"réelle, préétabli". Encore faut-il
s'entendre sur la définition des préfixes
par rapport aux racines placées en tête.
Ainsi dans le Manuila, qui respecte la règle sur
les préfixes, les termes antéro- et
postéro- n'obéissent pas à la
suppression des traits d'union.
- Pour les autres mots composés les positions
sont moins tranchées : pour le Manuila il y a
pratiquement toujours un trait d'union entre les
composants de termes anatomiques ou pathologiques ; ce
n'est pratiquement jamais le cas pour le Flammarion
où l'on respecte la règle selon laquelle un
trait d'union après une lettre de liaison
constitue un double emploi. Nous nous rangeons à
l'avis du Flammarion.
- Nous indiquons en annexe (annexe 1) de nombreux
exemples de consensus et de litiges sur l'écriture
des mots.
- À l'intérieur d'un même
dictionnaire (Flammarion), on trouve un manque
d'homogénéité en ce qui concerne
l'utilisation du trait d'union. Ainsi voisinent :
-
- antioxygène
- articulation occipitoatloïdienne
- benzylpénicilline
- canal auriculoventriculaire
- choréoathétose
- endobrachyoesophage et
mégaoesophage
- gastroentérologie
- nerf glossopharyngien
- immunocytoadhérence
- lipoatrophie
- dysostose mandibulofaciale
- membranes
pleuropéritonéales
- membrane semiperméable
- préexcitation
- rétinoépithéliome
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- anti-oxydant
- atloïdo-axoïdienne
- benzyl-benzoate
- cloison interauriculo-ventriculaire
- choréo-athétosique
- brachy-oesophage
- oto-rhino-laryngologie
- névralgie cervico-brachiale
- immuno-adhérence
- diabète lipo-atrophique
- orthopédie dento-faciale
- membrane bucco-nasale
- canal semi-circulaire
- pré-éclampsie
- réticulo-endothélial
|
- Les utilisateurs de l'informatique qui font de la
recherche par chaîne de caractères ou par
mots n'ont pas fini de tempêter contre ces
incertitudes qui ont pour conséquence d'allonger
le temps de recherche puisqu'il faut préciser
à chaque fois que le mot litigieux doit être
recherché successivement avec ou sans trait
d'union !
-
- C. Solution de compromis
-
- La nécessité d'avoir une position
constante pour la réalisation d'un vaste
thésaurus nous a conduit à adopter des
règles concernant le trait d'union,
obéissant le plus possible à l'usage et
à son évolution, et comportant le moins
possible d'exceptions.
-
- 1. Le trait d'union est conservé
dans les associations de mots entiers (substantif,
adverbe) :
-
- anesthésie-réanimation
- arrière-pied
- astasie-abasie
- avant-pied
- demie-vie
- effet-shunt
- fausse-couche
- fausse-route
- fracture-luxation
- fracture-tassement
- gram-négatif
- gram-positif
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- gynécologie-obstétrique
- hémoglobinurie-hémosidérinémie
- mort-né
- non-dépendant
- nord-américain
- nouveau-né
- pâleur-hyperthermie
- ponction-biopsie
- psoas-iliaque
- quasi-complet
- trajet-travail
- vésicule-fraise
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- 2. Lorsque le mot composé comprend
un patronyme ou un sigle (BCG-thérapie,
anti-CMV, anti-DNA). Ou encore lorsqu'il s'agit de
mots étrangers : border-line, brown-sugar,
crush-injury, louping-ill.
-
- 3. Lorsqu'un nombre est écrit en
chiffre, on met un trait d'union entre ce dernier et
les mots adjacents.
- Exemple : alpha-1-antitrypsine.
-
- 4. Le trait d'union est supprimé
sauf exception après les préfixes tels
que :
-
- a, anté, antéro, anti, apico, auto,
bêta, bi, brachy, brady, centro, co, demi, di,
dia, dis, dys, ecto, en, endo, eu, ex, giga,
hémi, hétéro, holo, homéo,
homo, hyper, hypo, in, inféro, inter, intra,
intro, iso, juxta, latéro, macro, méso,
méta, micro, mono, multi, néo, oligo,
para, péri, per, poly, postéro,
pré, presby, primi, pro, proto, pseudo,
rétro, schizo, semi, sub, stéréo,
super, supéro, tachy, télé,
tétra, trans, tri, ultra, uni, vecto,
xéno.
-
- Exceptions (non exhaustives et peut-être
provisoires) :
-
- a-lipoprotéinémie
- anti-oestrogène
- ary-épiglottique
- brachy-oesophage
- brachy-onychie
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- demi-sourd
- endobrachy-oesophage
- péri-endocardite
- semi-circulaire
- semi-liquide
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- De plus on maintient un trait d'union après :
-
- post, sauf postcure et postopératoire
- sous
- sus
-
- 5. Le trait d'union est supprimé
après une racine lorsqu'il y a une lettre de
liaison «o» ou «i» . Mais il y a
des exceptions pour des raisons de prononciation.
-
- Pas d'agglutination a/i, a/u, e/u o/i, o/u.
-
- Nous avons ajouté a/a, i/i, o/o, parce que
l'on n'est pas encore prêt à
accepter : «antiinfectieux,
antiinflammatoire...» si l'on en juge par les
différents dictionnaires. Pour les mêmes
raisons de respect de l'usage le trait d'union a
été maintenu (provisoirement ?) dans :
-
- acrocéphalo-polysyndactylie
- bucky-dermite
- centrocyto-centroblastique
- centro-européen
- cervico-auriculaire
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- chorio-amniotite
- chorio-épithélisme
- cortico-sous-cortical
- sino-auriculaire
- ventriculo-auriculaire
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- 6. Le cas des mots composés
très longs.
-
- Il n'y a aucune règle en ce domaine. Pour
introduire une certaine
homogénéité, nous avons
décidé de mettre, sauf exception, des
traits d'union entre les composants lorsqu'il y a
association de trois racines ou plus (sans tenir
compte des préfixes et suffixes).
-
- Exemple :
- adénoïdo-pharyngo-conjonctival
- aorto-brachio-bifémoral
- apico-costo-vertébral (syndrome)
- cérébro-costo-mandibulaire
- glosso-laryngo-scapulo-pharyngé (syndrome)
- laryngo-trachéo-bronchite
- méningo-rétino-faciale (angiomatose)
- muco-cutanéo-oculaire (syndrome)
- naevo-endothélio-xanthome
- oculo-mandibulo-facial (syndrome)
- oesophago-jéjuno-gastrostomie
- olivo-ponto-cérébelleuse (angiomatose)
- ophtalmo-rhino-stomato-xérose
- optico-rétino-mésencéphalique
(angiomatose)
- ostéo-chondro-desmo-dysplasie
- oto-rhino-laryngologie
- pleuro-médiastino-péritonéal
- sinuso-orbito-nasal
- spino-ponto-cérébelleuse (atrophie)
- sterno-cléido-mastoïdien (muscle)
- transpariéto-hépato-vésiculaire
(ponction)
- tricho-rhino-phalangien (syndrome)
- ventriculo-cysterno-stomie
- ventriculo-péritonéo-stomie
- vulvo-vagino-gingival (syndrome)
-
- Les solutions adoptées sont
résumées dans l'annexe 2.
-
- Références :
-
- Dictionnaire de Médecine Flammarion
(5ème édition), éd. Flammarion
Médecine-Sciences, Paris 1994.
- A Manuila, Dictionnaire Français de
Médecine et de Biologie, éd. Masson,
Paris 1981.
- L. Manuila, A. Manuila, M. Nicoulin, Dictionnaire
Médical (7ème édition),
éd. Masson Paris 1997.
- Garnier-Delamare, Dictionnaire des Termes de
Médecine (21ème édition), Maloine
édit. Paris 1995 .
- J. Chevallier, Précis de Terminologie
Médicale , 6ème édition,
éd. Maloine, Paris 1996.
-
- Annexe 1
-
- L'évolution du langage médical tend
vers la suppression des traits d'union sauf en cas de
liaison modifiant la prononciation (a-i, a-u, e-u,
o-i, o-u) ou de mots trop longs. Mais les
dictionnaires médicaux ne sont pas tous
d'accord.
-
- F = Flammarion 1994
- G = Garnier-Delamare 1995
- M = mots-clés Manuila 1981
- m = dictionnaire Manuila 1997
-
-
-
- Annexe 2
-
- Synthèse des cas de suppression des
traits d'union et exceptions
-
- Pas de trait d'union entre préfixe et racine
ni entre racines.
- Exceptions : maintien du trait d'union
- entre des mots entiers
- entre a/i, a/u, e/u, o/i, o/u, a/a, i/i, o/o
- après sus, sous, post (sauf postcure,
postopératoire)
- entre un préfixe ou une racine et un chiffre
arabe
- dans les mots composés comportant un
patronyme, un sigle, ou d'origine étrangère
- dans les mots composés comportant trois
racines ou plus (avec ou sans préfixe)
- dans les mots suivants (provisoirement ?) :
- a-lipoprotéinémie
- acrocéphalo-polysyndactylie
- anti-oestrogène
- brachy-oesophage
- brachy-onychie
- bucky-dermite
- centro-européen
- centrocyto-centroblastique
- cervico-auriculaire
- chorio-amniotite
|
- chorio-épithélisme
- cortico-sous-cortical
- demi-sourd
- endobrachy-oesophage
- péri-endocardite
- semi-circulaire
- semi-liquide
- sino-auriculaire
- ventriculo-auriculaire
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